La peur à cheval, on en discute.

peur cheval

Pour commencer cet article, soyons clairs : on a tous eu peur à cheval, au moins une fois. On a tous ressenti cette pointe de stress, d’angoisse, face à une situation en particulier. L’équitation reste un sport dangereux. On évolue avec un animal, dirigé lui-même par son propre instinct et qui pèse souvent quatre fois notre poids au minimum. Même avec le plus gentil des chevaux, il est possible d’avoir un accident. Avoir peur ça arrive à tout le monde et c’est normal. On en parle.

Pourquoi j’ai peur ?

La peur, c’est une émotion. D’un point de vue neurologique, la peur est une activation de l’amygdale (une partie de votre cerveau) lorsqu’elle est stimulée par un sentiment de danger imminent. L’amygdale ordonne ensuite au corps de fuir, ou bien de se défendre. C’est un comportement inné auquel tous les animaux doivent leur survie en tant qu’espèce. Avoir peur, c’est donc parfaitement normal.

Et à cheval ?

Il peut y avoir plusieurs causes à la peur à cheval. Elles peuvent être physiques : vous avez eu une mauvaise expérience et votre corps se souvient. Ou mentales : vous craignez une situation même si elle ne vous est jamais arrivée. Dans tous les cas, la peur, qu’elle se manifeste par une légère crispation ou sudation ou par un état de panique avérée, vous parasite. Elle vous empêche d’agir et de réagir de la façon dont vous l’auriez fait si vous aviez été dans un état normal.

Il devient alors important de gérer cet état de peur, soit pour le supprimer, soit pour l’atténuer, pour vous permettre de continuer à pratiquer votre sport dans de bonnes conditions.

L’accompagnement pour gérer la peur à cheval.

Être encadré par un professionnel.

Quelle que soit la situation qui vous effraie, il est important que vous soyez correctement encadré et accompagné. Le choix du bon enseignant est primordial car il devra surement reprendre toutes les bases. Le problème avec la façon dont on apprend l’équitation en France, c’est qu’on nous apprend à cacher la peur. Quelque chose nous effraie ? Il faut avaler sa salive un grand coup, reprendre ses rênes et aller « en avant et droit » mais dans le lot, on oublie d’y aller « calme ». Et là, le général L’Hotte se retourne dans sa tombe.

Il faut trouver un coach qui soit disponible à un moment T pour répondre à vos besoins de façon immédiate. Et résoudre la peur, c’est un besoin. Parfois, changer de coach, changer de méthode, changer de discipline… même si on aime beaucoup ce que l’on fait, c’est ce qui permet d’avancer pour revenir plus tard à ce que l’on faisait auparavant.

Admettre la peur pour pouvoir être aidé.

Il faut admettre la peur et l’analyser. Encore une fois, je vais me répéter, avoir peur est normal. Trouvez un coach qui vous accompagne dans l’analyse de cette peur et qui vous fasse évoluer doucement. Il faut y aller étape par étape. Si votre coach est bon, il réussira à vous emmener petit à petit dans les zones où vous n’êtes pas trop confortable. Et ces zones finiront par vous paraître plus confortable ! Il faut que vous vous sentiez tiré vers le haut, pas poussé.

N’hésitez pas à dire les choses, à expliquer. Même sur le ton de l’humour si cela rassure votre égo. Mais dites que vous avez peur, c’est le premier pas pour passer au-dessus !

Mon expérience personnelle

Ne pas se laisser abattre.

Si je parle de ce sujet, c’est parce qu’il ne m’est pas étranger. On en parlait encore il y a peu de temps avec une amie aux écuries (coucou Léa, si tu passes par là !) et on se disait… C’est fou ! Le nombre de personnes qui pensent que c’est honteux d’avoir peur.

Je me suis retrouvée il y a quelques temps face à une autre cavalière des écuries qui me dit de façon moqueuse « si tu ne veux plus monter ce cheval c’est parce que tu en as peur ! » Autant vous dire que mon « oui, et alors ? » lui a rabattu le bec sur le coup.

Je ne comprends pas ce qu’il y a de si tabou à propos de la peur. Combien de cavaliers dans les écuries hurlent à pleins poumons à la simple vue d’un rat ou d’une araignée ? Un paquet. Alors pourquoi avoir peur d’un animal de 700 kg pour 1 mètre 70 serait moins légitime ? N’ayez pas honte d’avoir peur. La peur c’est normal. Ce qui est anormal, c’est la méchanceté gratuite.

Tirer des leçons.

J’ai accepté que j’avais peur. Je l’ai dit autour de moi. La propriétaire de mon cheval le sait, mes coachs le savent et mes amies le savent. Aujourd’hui, lentement mais surement, je recommence à être à l’aise. Mais je me suis mise dans les conditions pour : j’ai un cheval qui est une assurance vie, un enseignement de qualité, un équipement de protection complet. Et si je dois me faire mal, j’ai accepté que ce ne serait « pas de chance ».

Néanmoins si la peur s’efface, j’ai gagné en prudence : je me méfie de certaines réactions, certaines positions, j’ai appris à beaucoup plus observer. Parfois trop, certes ! Mais ces années où j’étais terrorisées à la simple vue d’une barre sont maintenant derrière moi et c’est tant mieux.

Je ne dis pas qu’aujourd’hui je n’aurai plus jamais peur, mais je suis rassurée, et pour ça je peux dire un grand merci à mon entourage équestre. N’hésitez jamais à demander de l’aide, à discuter pour mieux comprendre. Ce sera toujours bénéfique pour vous. On se retrouve bientôt pour de nouveaux sujets sur les chevaux. Si vous avez des remarques, n’hésitez pas à les faire en commentaire ! En attendant, prenez soin de vous !

6 réponses à “La peur à cheval, on en discute.

  1. Merci beaucoup pour cet article! Personnellement, j’ai peur des grands chevaux et ce n’est pas facile d’arriver au club avec une appréhension pour voir qui je vais monter!

    1. Coucou !
      Merci à toi pour avoir pris le temps de laisser ce commentaire.
      En as-tu parlé à ton enseignant ? Peut-être faut-il que tu passes plus de temps à pieds proche de ces chevaux dont la taille te met mal à l’aise ? Pas forcément en longe, mais plutôt devant leur pré, puis ensuite devant leur box, pour t’y habituer au fur et à mesure !

  2. Bien écrit Sarah !
    En effet la peur ou l’aprehension fait partie intégrante de l’équitation … sortir de sa zone de confort à cheval (ou même dans la vie )est toujours anxiogène 😋 mais nous pousse vers le progrès
    Alors goooo 😃

    1. Merci ma Christelle !
      Tu as totalement raison, c’est vrai que sortir de sa zone de confort amène vers le progrès, mais il faut le faire correctement. Heureusement qu’on a des Stéphane et des Pauline nous ! 😀

      1. Je trouve cet article encore une fois énormément intéressant. Et comme tu le sais déjà je suis déjà moi aussi passé par ce stade de peur, mais tout est derrière moi à l’heure d’aujourd’hui grâce à de super coach mais aussi tout mes entourages équestre , même si deux ou trois petites appréhensions reste encore quand je suis à cheval 😉

        1. Hello Célia ! Les appréhensions ça reste normal, comme disait Chris dans un commentaire plus haut, c’est ce qui pousse vers l’avant aussi, l’important c’est de ne pas aller trop fort dans les zones d’inconfort pour éviter de se faire trop peur !

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