Ma philosophie face au serial-shopping

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S’il y a bien quelque chose dont j’ai eu du mal à me défaire ces dernières années : c’est l’addiction au shopping. J’ai fini dans le rouge un nombre incalculable de fois parce que j’étais incapable de me retenir d’acheter quelque chose qui me faisait envie. Pourtant, lorsqu’on a un salaire de jeune travailleur, autant vous dire qu’on ne peut pas s’accorder un énorme budget d’achat. Quand j’ai commencé à me pencher sur les notions environnementales liées à la consommation, j’avoue que je suis un peu tombée assise. Du coup, j’ai dû changer mes habitudes, et adopter une nouvelle philosophie face au shopping.

Mon pèlerinage de serial-shoppeuse.

Le moment où je me suis rendu compte que le shopping me pourrissait l’existence.

La première raison de mon ralentissement de consommation, ça a été mon compte en banque. Je ne vais pas vous mentir. Quand on paie chaque mois les charges pour l’entretien d’un cheval (même juste en demi-pension, tout dépend de notre budget de départ), on finit nécessairement par devoir lever le pied sur le shopping accessoire. C’est juste une question de bon sens.

L’instant où j’ai réalisé que le shopping ne pourrissait pas seulement ma vie, mais bien d’autres.

Ensuite, il y a eu la prise de conscience terrible sur la façon dont étaient fabriqués mes vêtements. Je parle des vêtements parce que c’est ce qui a été le plus dur à abandonner. J’ai ouvert les yeux sur la misère sociale, sur la catastrophe écologique que cela induisait et surtout, sur le conditionnement psychologique dont j’étais victime. Il me fallait toujours plus. Plus de robes, plus de pantalons, plus d’accessoires, plus de chaussures. Et ça n’était plus vivable.

Le jour où j’ai dit stop.

Je vis dans un 25m², je n’ai donc pas énormément d’espace de stockage. Lorsque j’ai commencé à me rendre compte de ce que j’étais en train de faire il était trop tard. Ma penderie était pleine à craquer. Toute une partie de mon appartement était sinistrée à cause des fringues que j’y avais accumulées. Ça a été un chemin de pensée compliqué. J’ai vraiment dû travailler sur moi-même pour me rendre compte que je me servais de mes sessions shopping comme de gros pansements pour me remonter le moral. Pourtant, ça ne soignait toujours pas ma frustration, puisque je devais sans cesse retourner en magasin pour éponger encore et encore ma soif de vêtements. Il fallait que ça s’arrête.

Arrêter le shopping compulsif et adopter une philosophie de consommation saine.

Prendre la décision et s’y tenir.

J’ai beaucoup lu à propos du hygge, du minimalisme, à ce moment-là. Je me suis beaucoup renseignée sur les façons possibles de se détacher des choses, de se désintoxiquer. Un jour je me suis posée devant ma penderie. Et je me suis dit que ça suffisait. Ça a été difficile et j’ai fait beaucoup d’erreurs (qui m’ont obligée à refaire des achats ensuite) mais je ne regrette rien.

Si vous connaissez Marie Kondo (je vous conseille son livre : La magie du rangement), la méthode que j’ai utilisée ressemble à la sienne. J’ai sorti toutes les affaires de mon placard, toutes, jusqu’à la moindre boucle d’oreille (encore emballée…). J’ai tout trié. Je me suis posé des questions. Est-ce que je porte ce haut ? Oui ou non ? Est-ce que je rentre encore dans ces jeans ? Est-ce que je trouve toujours cette veste jolie ?

Ce jour-là, j’ai passé la journée à râler au milieu de ce monticule de vêtements. Jusqu’à ce que j’arrive à définir lesquels m’étaient indispensables, lesquels ne l’étaient pas, et lesquels je devais vendre, donner ou jeter.

Se poser des garde-fous : le shopping raisonné

Rester sage lorsqu’on a été complètement addict au shopping, c’est un défi de tous les instants. C’est pour ça que je parle d’une nouvelle philosophie. Pour éviter de replonger, il y a plusieurs méthodes. J’applique généralement le « one in, one out » c’est-à-dire que je me fixe un nombre maximal d’articles d’une catégorie à avoir et je m’oblige à ne pas le dépasser. Pour donner un exemple : pour la saison automne-hiver, j’ai sur ma liste 6 pantalons. Pas un de plus. Si je viens à craquer sur un pantalon, je dois en donner ou en vendre un pour ne pas monter à sept pantalons. D’abord parce que je n’ai pas suffisamment de place, et ensuite parce que je ne vois pas bien ce que je pourrai faire avec autant de pantalons.

J’utilise également l’application Cladwell, qui me permet de gérer mon dressing et d’avoir un aperçu de ce que je ne mets jamais par exemple. C’est un peu long à remplir, mais c’est une bonne façon de rester conscient de l’usage que l’on fait de ses objets.

Le vœu que je fais pour le futur

J’ai pris conscience du mal que l’industrie du textile fait à la planète. Et du mal qu’elle m’a fait à moi.  J’ai fait des choix de consommation que je ne regrette absolument pas aujourd’hui. J’achète moins mais mieux. Je me penche de plus en plus vers de petits indépendants, français ou étrangers. Je rencontre les créateurs ou créatrices. Lorsque j’achète des marques connues, j’achète le plus possible en seconde main pour contrer la fast-fashion. Evidemment, il m’arrive de craquer totalement pour quelque chose d’une nouvelle collection, et je ne me restreins pas. Mais je ne ferais plus jamais de razzia comme j’ai pu en faire il y a quelques années.

Aujourd’hui je ne veux plus de ce comportement de consommateur affamé par la publicité. Aujourd’hui il est hors de question de continuer à me noyer au milieu des vêtements pour lesquels je m’endette. Je ne veux plus avoir l’impression de ne jamais avoir assez. Dorénavant, je refuse de continuer encourager la production de textile qui n’est pas équitable.

Je ne dis pas qu’il faut tout arrêter et partir tisser du lin au fin fond de la Creuse. Simplement que faire un tout petit pas, c’est déjà faire quelque chose. Et croyez-moi, dans votre placard, je suis certaine qu’il y a beaucoup de vêtements que vous ne mettez plus et que vous pourriez donner ou revendre afin d’habiller les personnes ayant de plus petits moyens. Pensez-y ! On se retrouve très bientôt, en attendant, prenez soin de vous.

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